
| Time & Space - A Tribute to Yasunori Mitsuda |
Musique :
Yasunori Mitsuda
Arrangement :
Sean Stone, Dale North, Matt Pollard, Mark Porter, Dan Barnaba (avec la participation de Roy McClanahan sur la track 5)
Sortie : 10/2002
Référence : OUS-001 (OneUp Studios)
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Introduction :
Yasunori Mitsuda est aimé par des milliers de fans. Alors, quoi de plus normal pour lui que de se faire honorer d'un album hommage ? C'est ce que cinq fans du petit Yasu se sont un jour demandé... Et ils ont produit "Time & Space", un magnifique CD contenant quelques-uns unes des meilleures musiques de Mitsuda. Le résultat est étonnant et véritablement... séduisant.
Critique :
- Time : En guide d'introduction à la partie "Time" dédiée au temps et ainsi aux Chrono, voici 15 secondes dans lesquelles on peut entendre une cloche sonner. Quoi de mieux pour représenter ce temps qui nous file entre les mains ?
- Scars Left by Time : Une introduction qui a fait baver plus d'un joueur... Qu'on aime ou qu'on déteste Chrono Cross, Scars Left by Time reste une vraie merveille, ici arrangée de manière excellente. Une flûte de pan nous met tout de suite en condition. La mélodie qu'elle entonne est inédite (et ainsi œuvre de Sean Stone et Dale North), mais elle est vite suivie par les accords de guitare montrant réellement de quel thème il s'agit. Une guitare électrique prend le relais pour jouer le thème de Chrono cross, qui n'a pas vieilli d'un poil. La mélodie reste toujours aussi nostalgique, ce sentiment est aussi bien retranscrit qu'avec la flûte de la version originale. La partie dont le vrai nom est Scars Left by Time se profile ensuite, bien moins rythmée que la version OST, mais toujours aussi belle. La guitare électrique à la mélodie, secondée par un brin de batterie, suffit à vous envoler. On commence donc très fort ce disque, qui s'annonce haut en couleurs.
- Parellelism : Cette reprise du thème de la Frozen Flame de Radical Dreamers (même si c'est noté de Chrono Cross sur le CD) est bien belle, car superbement orchestrée. Le piano prend davantage d'importance sur la mélodie à la flûte se trouvant en fond. Ce qui est étonnant, c'est qu'en utilisant des passages nouveaux, le piano se mêle à plusieurs reprises à la flûte pour recréer le vrai thème d'origine. On sent bien que le travail n'est pas celui d'amateurs... La pureté de l'orchestration laisse en tout cas pantois. Vers le milieu, l'ambiance est un peu plus inquiétante, tout en laissant en suspens une tonalité agréable. C'est un très bon exercice de style de la part de Matt Pollard, qui n'a pourtant que 17 printemps !
- The Boy that Feared Time : Pour le plaisir, on change de Chrono. Après deux hommages au Cross, voici un au Trigger. J'ai eu du mal à trouver de quel thème il s'agit : je pense qu'il s'agit de Battle with Magus. Je n'aime pas tellement le thème original, même s'il ne frôle pas le pitoyable du Battle 1. Cet arrangement de Sean Stone n'est pas spécialement extraordinaire, car très répétitif au niveau mélodique. De plus, je n'aime pas tellement ce genre de thèmes avec une surdose de mélodie à la guitare électrique. La guitare passe parfois pour nous rassurer. Mais cela ne rachète pas assez le niveau. Tant pis...

- A Hero's Judgement : Pièce magistrale cette fois-ci. En effet, avec quatre personnes dessus, on ne pouvait pas faire de ratage... The Hidden Truth de Chrono Trigger se trouve ainsi arrangée de manière sympathique. Le début est magnifique, car très entraînant et dynamique, ce qui tranche avec la tonalité inquiétante de la mélodie originale. La guitare électrique fait son retour, mais est bien plus agréable que dans The Boy that Feared Time. La fin est quant à elle un peu moins intéressante, se terminant sur des accords plus sombres... Une bonne musique, surtout sur la nouvelle mélodie, en fait !
- The Girl Forgotten by Time : Qui aurait imaginé un Tribute à Yasunori Mitsuda sans la présence d'un des thèmes les plus marquants de Chrono Trigger : Schala's Theme ? L'arrangeur a ici choisi de ne prendre que le fond musical, et de refaire la mélodie. Le style est au final très oriental. La saveur de cet arrangement nous rapproche directement des productions de Yasu, ce qui est fort profitable et surtout très fort pour les fans. La flûte, secondée par un rythme très beau, se dévoile d'une façon si fine qu'on ne peut qu'être admiratif. La nouvelle mélodie n'a ainsi rien à envier aux créations originales de Mitsuda. Vers la fin, la musique gagne encore en richesse, pour arriver au summum de l'excellence. Tous les instruments se mêlent si légèrement qu'on est sur le derrière... Bref, on commence à réellement sentir la puissance de l'album venir.
- Wings of Time : Encore et toujours du Chrono Trigger dans cet arrangement de Wings that Cross Time. La musique originale était déjà excellente, l'arrangement lui donne l'orchestration qu'elle aurait toujours dû avoir... Le saxophone est excellent, tellement simple et entraînant... Le piano s'immisce par la suite, jouant par fois la mélodie en solo : je suis réduit à l'état de flaque d'eau. La pureté de cette piste est affolante, ce qui suffit à me faire frémir. Le rythme dynamique et la mélodie joyeuse font de Wings of Time l'une des meilleures musiques de la partie Time. Je félicite Dale North, l'arrangeur qui s'est chargé de ce morceau, car il a une approche musicale à la fois innovante et proche de celle de Mitsuda. Même si le saxophone n'est pas très familier de notre cher petit compositeur, on peut dire que ça lui ressemble quand même pas mal !
- To Times Once Forgotten : Et encore du Chrono Trigger pour cette charmante reprise de Wind Scene de Chrono Trigger. Cette fois, on a le droit à un morceau entièrement orchestral, ce qui donne au thème une prestance folle. Le thème original, déjà superbe, est ici magnifique. Le début est un "fouillis" instrumental qui amène finalement à une très belle mélodie introduisant le tout. Même si on peut tout de même noter un petit décalage entre la mélodie et le style qui lui est donné, ça se laisse très agréablement écouter. L'orchestration est parfois "à la Chrono Cross", mais on ne s'en plaint pas non plus... Bref, de la grande qualité, même si je préfère encore Wings of Time !

- Terminacoustica : Court intermède inférieur aux productions précédentes, à mon goût. Cette reprise du thème d'Another Termina de Chrono Cross est sympathique, surtout grâce aux instruments utilisés... Des guitares quoi. Rien de plus... La mélodie est toujours aussi charmante, même si je préfère le très agréable style celtique de la version OST. Ces maigres 2 minutes font office de petit "vide" assez rafraîchissant en fin de compte... Note : 14/20
- Song of Feeling : Bouerk. J'admire le ratage total de cette musique nostalgique basique provenant de Chrono Cross. Les violons sont assez laids, et la mélodie, qui était jolie au départ, perd tout de suite son intérêt. Je ne m'étendrais pas énormément sur cette musique, que je considère comme la moins bonne de ce Tribute. Ces deux minutes vingt sont définitivement... à passer...
- Good to be Home : On se console vite fait avec ce bijou sortant directement de notre bon vieux Cross. Voyage ~ Home World s'offre une reconversion très réussie, gardant cette tonalité exotique si appréciable... On retrouve par exemple un petit fond avec de la guitare, et même parfois de la guitare électrique. La majorité de la mélodie est l'œuvre d'une flûte très douce et agréable. Good to be Home nous renvoie l'espace de 3 minutes 46 dans un monde exotique très beau, qui devient accueillant avec l'ajout par exemple d'un rythme assez puissant. L'harmonie est très bonne. Dale North s'en tire donc à nouveau très bien, en gardant l'esprit de Yasu tout en arrangeant !
- Journey for her Thoughts : Dan Barnaba, sûrement désireux de se rattraper après Song of Feeling, décide de nous faire une petite nouvelle version de la géniale The Girl who Stole the Stars de Radical Dreamers, et accessoirement Chrono Cross. L'orchestration est fabuleuse, mais on s'y est déjà habitué avec les précédentes pistes (sauf la beurk Song of Feeling). L'ambiance générale est très mystérieuse, très sombre, mais parfois un peu plus envolée, grâce à des passages où les instruments s'épanouissent. Le thème apparaît à 1 minute 30... Joué au piano, d'une simplicité étonnante, il réussit à marquer par sa pureté. Et en plus de ça, il est accompagné par une sorte de violon, qui se rapproche de l'interprétation de la piste dans Chrono Cross. Mais c'est beaucoup plus négligé, créant cette impression de mystère dont je parlais plus haut. Vers la fin, Dan se laisse aller vers une orchestration plus triomphale, admirable. Au final, ce voyage pour ses sentiments est un périple beau et pur, bien que tout de même relativement sombre... Sauf vers la fin...

- To Good Friends : Retour au premier Chrono, avec l'arrangement d'un de ses thèmes de fin, tout ça interprété par Dan Barnaba et Dale North. Et comme tout thème final qui se respecte, place aux notes joyeuses et victorieuses ! Le début, jusqu'à 1 minute 20, est splendide, vraiment lumineux à souhait. Le piano est agréable, et l'orchestration qui suit est du même niveau que les tracks d'avant. C'est donc de la très bonne qualité... La suite du court morceau (Rien que 2 minutes 50, en effet) est toujours aussi belle, surtout après un passage un peu moins bon qui s'opère à 1 minute 20. On reconnaît immédiatement l'inspiration de Mitsuda, qui est surtout perceptible dans Chrono Cross ou Legaia Duel Saga, c'est à dire cette envie d'exotisme et de voyage... Magique.
- Space : Et c'est sur les tendres notes de To Good Friends que s'achève la partie Time, dédiée aux Chrono. Voici la partie Space, consacrée à Xenogears. Elle débute par ces 16 secondes de "presque-silence". Un souffle diffus symbolisant l'espace se fait entendre, mais ça n'a rien d'extraordinaire... Alors on passe vite aux musiques, les vraies.
- The Fighting Priest : Début de la partie Xenogears avec cette reprise "soft rock" de Ship of Regret and Sleep. A peine 2 minutes, mais elles sont très bien ornées. On trouve le fond du thème original, mais à la guitare électrique, pas au clavecin. La musique évolue ensuite au fur et à mesure, se répétant jusqu'à trouver un passage un peu différent au milieu. Puis tout s'emballe, avec un rythme plus forcé et plus entraînant ! Le résultat est vraiment plaisant, bien que le style ne convienne pas trop à l'atmosphère du jeu original. C'est en effet plus Chrono Cross qu'autre chose, notamment avec la guitare électrique. C'est au final assez court, mais bien traité, avec une ambiance sympathique appréciable.
- June Mermaid : Attention tuerie ! Dale North renvoie se coucher ses petits copains grâce à cet arrangement parfait d'une des pistes les plus troublantes de Xenogears, à savoir June Mermaid... La version Creid était déjà splendide, celle-ci est, à mon goût, encore meilleure. Dès le début, un piano aux notes aiguës se fait entendre, créant une atmosphère mélancolique du meilleur effet... Cela dure un peu, jusqu'à ce qu'arrive un vide où une note de piano retentit soudain. On pense voir venir un passage encore plus sombre... Et c'est vrai pendant quelques instants, mais la suite est plus optimiste, avec par exemple l'intervention d'un autre instrument qu'on pourrait assimiler à une sorte de violon. La mélodie est toujours la même, toujours aussi superbe. C'est certes assez plat, mais la simplicité marque énormément. On ressent directement un profond sentiment de tristesse, puis d'espoir. C'est vraiment impressionnant, malgré le fait que seuls deux instruments servent à constituer cette 16ème piste...

- Navigation is Key ! : L'une des moins bonnes musiques du CD. Je n'aimais déjà pas trop le thème du jeu (Tamusu, the Man of the Sea), alors l'arrangement... D'autant plus que ce n'est vraiment pas terriblement refait. Aucune vraie mélodie, rien que du rythme, lourd et pesant. Pas d'harmonie particulière, pas de charme comme dans la majorité des pistes rêveuses de la partie Time. C'est très pompeux, voire même militaire, et orné d'instruments parfois moches, comme par exemple des fausses voix à la Brink of Death de Chrono Cross, un niveau au-dessous quand même. Je ne vais pas m'éterniser, vu que je n'aime pas. Ouuuuuuuh Matt Pollard et Dale North !
- Gentle Wind : Dale se rattrape avec cette magnifique version de The Valley where Wind is Born. Il s'en dégage un agréable sentiment de sympathie et de bien-être. Le rythme est langoureux, disposant d'un peu de piano, d'un fond orchestral et même de batterie. Une guitare électrique se charge d'interpréter la mélodie, qui est aussi reposante que dans la version OST. Vers 1 minute 10, le morceau s'envole vers un passage plus rythmé, mais toujours ensoleillé, ce qui contribue au charme de cette 18ème track. Vers le milieu, c'est une petite reprise du thème principal qui se fait entendre. Et pas un passage sombre, mais un joyeux, bien que plus paisible... La suite reprend le début, donc c'est un gage de qualité. Gentle Wind est vraiment belle, mais aussi calme et douce à souhait. La guitare électrique ne s'énerve même pas, alors c'est divin... La fin s'achève sur une douce reprise du thème principal, ce qui est bienvenu...
- Star of Hope : Et on continue dans la magnificence avec cette reprise de Gathering Stars in the Sky (ou Flight si vous préférez, celle-ci m'ayant davantage marqué...) par Dale North et Mark Porter. C'est un peu dans le même genre que Gentle Wind, mais plus doux encore, faute de guitare électrique cédant sa place à un piano et une flûte pour l'interprétation de la mélodie. Le résultat est vraiment splendide, bien que moins bon que Flight (dans l'OST) ou Spring Lullaby (dans le Creid). Mais la puissance de la mélodie est bien là, le style "à la Chrono Cross" en plus. C'est donc assez loin du style de Xenogears, mais on ne s'en plaint pas (surtout vu que ça a donné Navigation is Key !...), au contraire. Le rythme est composé d'un instrument plutôt tribal, et la mélodie au piano d'abord avant de glisser à de la flûte. C'est donc une atmosphère très sympathique qui s'en dégage, et c'est bien appréciable car c'est la dernière fois sur le CD qu'on y a droit. En effet, le basculement vers le côté obscur de la force s'effectue dès la musique suivante...
- Shake the Heavens ~ I. Omen II. One who Bares Fangs at God III. Awakening : C'est derrière ce titre à rallonge que se cache LE chef-d'œuvre du disque. Mark Porter, Matt Pollard et Dale North ont unis leurs forces pour créer ce monstre de 6 minutes 14, reprenant les trois derniers thèmes de Xenogears avant la fin, c'est à dire Omen, One who Bare Fangs at God et Awakening... Le résultat ? Inimaginablement beau ! L'orchestration est digne d'un véritable orchestre (à l'exception peut-être des chœurs de Awakening) et la mélodie... bah, c'est (ce sont) la même (les mêmes) que dans le jeu, alors rien à craindre. C'est du solide. Tout commence par quelques notes au violon, relativement sombres, mais tout de même encore "gentilles". Ce passage là est inédit, Omen n'arrivant que vers 1 minute. Le piano interprète logiquement le fond, qui balance dans nos oreilles une ambiance mystico-mystérieuse du meilleur effet... La mélodie est toujours la même, toujours aussi annonciatrice de danger... Et celui-ci se profile arrivé à 2 minutes, où le rythme fait une apparition remarquée, pour jouer One who Bare Fangs at God. C'est beaucoup plus entraînant, beaucoup plus haché, mais encore plus génial ! Différents passages alternent, inquiétants ou plus gais, mais toujours malsains... Surtout qu'Awakening arrive juste derrière, à 3 minutes 10... C'est de loin le meilleur moment du pavé, car brillamment orchestré, rondement mené et rythmé à merveille... Juste un reproche, la qualité peu convaincante des chœurs, mais il ne faut pas non plus s'attendre à des vrais comme dans la version originale. Le résultat est quand même bon. A partir de 5 minutes, après une petite coupure, l'explosion finale se fait entendre. Avec des lourds coups de percussions et des longues notes de violon, cette fin est vraiment impressionnante. Dommage qu'elle s'achève aussi brutalement... Une transition vers un des thèmes de fin aurait été souhaitable ? Possible... Mais pour l'instant, ce medley est quand même excellent. En plus, l'œuvre de Mitsuda est respectée, en plus du style de Xenogears, tout ça se rapprochant même de Xenosaga ! Un moyen de conclure idéal, en quelque sorte...
Conclusion :
On dit que la passion fait faire des choses insensées... Time & Space est le fruit de la passion des fans de Yasunori Mitsuda, et c'est pourtant plein de sens. A travers Time, Chrono est résumé d'une manière tout à fait fidèle et remarquable, contrairement à Space, plus hésitant dans la "recréation" de Xenogears... Mais le résultat s'avère très intéressant et, surtout, plaisant.
Time & Space est à écouter, car c'est beau. Ou alors au moins la partie Time, la plus belle des deux... Mais il n'y a aucun doute du fait que les fans s'en sont bien tirés. Sûrement beaucoup mieux que dans le Project Majestic Mix de Nobuo Uematsu en tout cas, où les arrangements sont souvent des massacres. Mais c'est une autre histoire.
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